Toutes les histoires Qui suis-je?


J’ai du respect pour les marabouts. En tout cas, autant que pour les voyantes, les numérologues, les astrologues, les mentalistes, les médiums en tous genres… et pour la Française des Jeux, l’inventeur du PMU, les fondateurs des sites de rencontres (où 900 000 hommes se battent pour choper une des 4 femmes inscrites), les entrepreneurs qui proposent de connaître son poids idéal par sms surtaxé, et Nagui et Reichmann, quand ils nous supplient d’appeler leur service à 9,99€ la minute, pour avoir une chance sur un million de gagner une Fiat Panda. Parmi tous ces vendeurs de rêve, les marabouts ne sont pas les pires, en fait : ils cherchent à survivre, rarement à s’enrichir, contrairement à Meetic et à TF1. C’est presque excusable.



La crédulité a toujours été un excellent filon pour les escrocs. Les Aztèques sacrifiaient massivement leurs prisonniers contre des promesses de réussite sociale… ou d’équilibre du cosmos. Et qu’est-ce que c’est, après tout, quelques heures de torture à se faire écorcher, quand on la satisfaction de rééquilibrer le cosmos ? Hein ? Ces esclaves qui font la fine bouche, c’est vraiment indécent.

Nos ancêtres les Grecs - dont nous sommes si fiers - sacrifiaient eux aussi leurs amis ou leurs enfants. Ensuite, ils lisaient l’avenir dans les entrailles de leurs animaux domestiques, le foie représentant d’après eux l’univers. Il y avait déjà beaucoup de gogos pour croire les présages des prêtres, à l’époque.

Puis en France, sous l’Inquisition, on s’est mis à jeter des femmes soupçonnées de sorcellerie tout attachées dans les rivières, et si elles flottaient, c’était le signe de leur culpabilité. Si elles mouraient noyées, alors paix à leur âme : on s’était trompé. Désolé, M’dame.

Au far-west enfin, dans ce pays qu’on admire tant, il y avait les potions miracles des apothicaires, pour faire repousser les cheveux ou effacer les rides… On pourrait croire que l’époque de l’information immédiate a permis d’en finir. Eh bien non : au XXIème siècle, on vous vend le droit de connaître le prénom de vos futurs enfants par SMS surtaxé… Et les gens achètent. Et d’autres, plus traditionnels, vont chez le marabout. Simple question d’habitude culturelle. Mais quoi qu’il en soit, c’est la même chose : rien n’a changé depuis les Aztèques. Quand un zigoto prétend avoir la solution pour lire l’avenir ou changer le présent, sur internet ou dans une boule de cristal, il y a toujours cent naïfs autour pour le croire.

On raconte qu’un barbu, prétendant avoir reçu les Tables de la loi en haut d’une montagne - après avoir parlé à un buisson en feu - a su impressionner une poignée de sagouins, il y a quelques millénaires. Ces quelques sagouins ont amplifié la rumeur, et fait naître des monothéismes ravageurs. Ce barbu, c’était Moïse ; puis on a eu Jésus et Mahomet… « Des histoires qu’un enfant de 5 ans ne croirait pas », disait Einstein. Et pourtant, aujourd’hui, 3 milliards de naïfs vénèrent les livres qui les racontent.

Alors un petit escroc du maraboutage comme M. Drame, par rapport aux grands escrocs des casinos Partouche et aux méga-hyper-escrocs des religions… Ça fait plutôt pitié. Mais pas question de lui offrir la course pour autant, faut pas charrier.



La crédulité sera toujours une aubaine infinie pour les personnes avides d’argent et de pouvoir. Et il n’y a que 3 manières d’en venir à bout : l’éducation, l’éducation et l’éducation.

Michel de La Teigne

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