Toutes les histoires Qui suis-je?


A Neuilly-sur-Seine, à Levallois-Perret et dans quelques rues du XVIème arrondissement de Paris, il existe un monde merveilleux où les gens n’ont pas besoin de travailler pour vivre… Ce monde paradisiaque peuplé de privilèges et de gens odieux, je le connais bien, parce qu’il monte souvent dans mon taxi. Allez, je vous emmène !

Sophie-Marie-Clarisse-Anne-Bernadette de Menthon, très représentative de cet univers, s’est fait connaître en 2009 en refusant que le MEDEF prétende encadrer les rémunérations des patrons. A droite, son mari, le baron de Breteuil, ministre de Louis XVI.

Travailler pour survivre… Quelle idée saugrenue ! Alors qu’on peut tranquillement attendre au bord de la piscine que ses placements bancaires mûrissent, et donnent de beaux fruits juteux dans lesquels il ne reste plus qu’à croquer à pleines dents.

Etre martyrisé par un sous-chef incompétent dans un centre d’appels, trier des abats de bœuf dans une triperie ou courir toute la journée après un camion-poubelle, au lieu de bronzer aux Maldives ou à Hawaï… C’est parfaitement ridicule ! Un emploi du temps régi par le travail, perdre sa vie à la gagner, non mais franchement ! Il suffit d’hériter de quelques dizaines de millions d’euros pour être à l’abri du besoin jusqu’à la fin de ses jours… Faut réfléchir, un peu, les pauvres !

La tranquillité et la prospérité, ça se mérite. Vous n’avez pas fait d’études ? Tant pis pour vous. Vos parents n’ont pas pris la peine de vous placer dans les meilleurs écoles, de vous offrir des stages en tant qu’assistant parlementaire, de vous recommander dans le CAC40 pour votre premier emploi ? Ce n’est tout de même pas de ma faute !

Et ça se plaint, après… Ça demande à diminuer le temps de travail, et ça réclame des congés payés, et des allocations en cas de perte d’emploi… Mais si vous faisiez un peu de réseautage au golf et au bridge, et si vous étiez prêt à déménager en Pologne pour le quart de votre salaire, vous en auriez du boulot ! Non, vraiment, je ne peux rien pour vous, mon brave. Vous n’avez pas saisi votre chance. Désolé.



Voilà ce que j’entends tous les jours dans mon taxi, et je déforme à peine l’expression de leur mépris… Les assistés d’en haut n’ont même pas conscience des privilèges immenses dont ils ont joui dès leur naissance, parce qu’ils les considèrent comme acquis. En 1789, il y a eu une révolution, contre ça… Visiblement, ça n’a pas suffi. S’ils ne comprennent pas, des têtes tomberont à nouveau, et ce jour-là, il vaudra mieux ne pas être un de ces puissants immobiles.

Michel de La Teigne

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