Toutes les histoires Qui suis-je?


Oh, je sais : mes lecteurs les plus bêtes - pas vous, les autres - vont m’accuser de sexisme, comme cette brave Shy’m. Laissez-moi au moins m’expliquer.



D’abord, Shy’m n’a aucun talent pour la musique. Sa production cacophonique le prouve, mais pour ceux qui ne partageraient pas mon bon goût, j’ai une autre preuve :elle va devenir animatrice de télévision à la rentrée. Aucun artiste digne de ce nom n’abandonnerait son art pour faire de la télévision… C’est le signe incontestable que le succès et la fortune l’intéressent plus que la musique - comme Sinclair et Matt Pokora.

Alors si elle n’est pas artiste, Mme Marthe*, qu’est-ce qu’elle est ? Elle est une marque. Comme William Saurin ou Fleury Michon. Sous la bannière Shy’m sont vendus des produits, ses chansons - l’équivalent du cassoulet Saurin ou des jambons Michon. Et au service de cette marque, il y a des arguments de vente comme dans les pubs Saurin-Michon : ce sont les jambes de Shy’m, les fesses de Shy’m, le sourire de Shy’m, qui sont filmés en gros plan dans chacun de ses clips, bien maquillés, comme les bâtonnets de surimi de Fleury Michon. Pour le producteur qui commercialise Shy’m, elle est de la chair fraîche qu’on peut exhiber pour vendre des galettes et des produits dérivés.

Je ne condamne pas Shy’m : elle essaie de s’en sortir dans la vie, comme tout le monde… Mais enfin, il faut bien que quelqu’un lui explique comment ça marche. On ne peut pas se comporter comme un objet sexuel - à des fins d’enrichissement - et s’étonner ensuite d’être traitée comme de la viande… Les femmes doivent être parfaitement libres de l’usage de leur corps ; mais cet usage met en scène une certaine vision de la femme, quand elles ont du pouvoir médiatique. Grâce à moi, Shy’m ne pourra plus l’ignorer.

Diam’s, elle, a bien compris que l’usage qu’elle faisait de son corps était politique. On peut regretter que son seul message soit la soumission à Dieu, évidemment…

Je suis résolument féministe. J’aimerais que les femmes puissent avoir les mêmes chances que les hommes, sans être jugées sur leur image en permanence. Les hommes doivent accepter de les juger sur leurs qualités personnelles ou professionnelles, et résister aux femmes-objets. Et les femmes doivent tâcher de ne pas jouer de leur physique pour se faire valoir. C’est difficile pour tout le monde, parce que la concurrence amoureuse entre les femmes se joue encore sur le physique, bien plus que pour les hommes ; la concurrence professionnelle aussi, pour de nombreux métiers, lorsqu’il s’agit de femmes chanteuses, actrices, journalistes, vendeuses, hôtesses d’accueil… Mais on finira par y arriver.



Il n’y a pas d’un côté les hommes sexistes, et de l’autre les femmes féministes. Il y a des machistes de tous sexes, et des résistants de tous sexes.

Michel de La Teigne

*Son vrai nom.

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