Toutes les histoires Qui suis-je?


Si par malheur j’ai un jour un enfant, je ferai exactement l’inverse de ce rabbin.


Le monde est plein de barrières culturelles, sociales et économiques qui nous empêchent de vivre ensemble. Je ne dis pas que nous devrions tous adopter la même culture, surtout pas ! Je suis atterré de voir le sol jonché de boîtes de Gros Mac et de Caca Cola sous toutes les latitudes. La domination de toutes les cultures par une seule est aussi peu souhaitable que la tyrannie d’un homme sur tout un peuple.

Face aux autres cultures, il y a trois attitudes possibles : les ignorer, les découvrir, et être fasciné au point d’en oublier la sienne. Vous avez bien compris ce que je pense de la première et de la dernière attitudes, qui se ressemblent en fait, puisqu’elles consacrent une hiérarchie entre les cultures.

Reste la découverte. Je n’ai peut-être pas de chiard, mais j’ai un cerveau. Et je subis les enfants des autres, ce qui me permet de les observer… Eh bien j’ai remarqué que les mioches étaient naturellement ouverts, curieux et naïfs, mais d’une naïveté porteuse de découverte, d’une naïveté bien plus constructive que les préjugés que nous avons souvent, nous autres adultes, sur les autres cultures. Regardez, les chiards du rabbin m’ont souri : ils ont bien compris que j’étais beaucoup plus ouvert que leur père.

Enfermer ses enfants dans une seule culture me semble être un crime éducatif. Leur expliquer leurs origines, très bien, cela leur donnera des racines. Mais les affubler d’un costume qui les exclue, qui empêche tout contact avec des enfants différents, et les coffrer dans une école religieuse réservée à une seule communauté… Voilà un authentique poison. Si l’enfant devient homo à 15 ans, athée à 18 et tombe amoureux d’un goy à 20, il s’imaginera que sa famille et tous ses amis d’enfance ne peuvent plus l’accepter… Quel pire départ dans la vie que d’être rejeté par les siens, alors qu’on n’a rien fait de mal ?

Je vous ai déjà montré ma collection de timbres ? Vive l’école publique ! Et avec des moyens, siouplaît, M’sieur Macron…

Cette tentation d’enfermer ses enfants dans une culture existe dans toutes sortes de communautés : les Juifs du Marais, les Maghrébins de la Goutte d’Or, les Versaillais catholiques… Dans tous ces groupes, on trouve des parents ouverts et des parents matons. C’est même le cas dans des groupes non-religieux, d’ailleurs : je connais des fondamentalistes végétariens, qui n’enverront plus leur enfant déjeuner chez le vôtre s’ils repèrent une fibre de steak haché entre ses dents.



Alors si vous aimez vos enfants, laissez-les parler à tout le monde. Ils vous remercieront plus tard, au lieu de vous détester ou de devenir matons à leur tour.

Michel de La Teigne

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