Galerie Toutes les histoires Qui suis-je?


Maintenant que j’ai empoché mes 50 €, je peux vous parler tranquillement d’idéalisme.



La question de l’idéal est centrale, en politique. Tous les Sarkozy, les Balkany, les Cambadélis et même les Valls ont été idéalistes dans leur jeunesse - si lointaine soit-elle. Mais quand j’écris « en politique », je ne pense pas qu’à ces contractuels du mandat électif. L’idéal, c’est ce qui guide les actions de quiconque veut changer la société ou le monde, de Mère Teresa à Staline, d’Hitler à Martin Luther King. Seul le rêve diffère…

Les accusations d’idéalisme - dont est toujours victime la gauche - sont donc particulièrement injustes. La droite aussi rêve d’un monde meilleur et tout à fait différent. Et même la droiche. Ou la gaute. Enfin, Jupiter, quoi.

Manu-Mac rêve que chacun puisse fonder une entreprise et « réussir », pour narguer « ceux qui ne sont rien » gare d’Austerlitz. Il s’imagine que tout le monde peut se prendre en main, démarrer une activité et devenir entrepreneur. On aurait tous un savoir-faire original et unique, et le travail paierait toujours. Il n’y a pas plus idéaliste. Le monde est rempli de gens que triment jour et nuit et qui ne s’en sortent pas. Les idéologues nantis du travail et du mérite ne veulent pas le voir, parce que ça démolit leurs préjugés, mais il suffit de fréquenter des gens modestes - ou de voyager une semaine dans un pays pauvre - pour le constater.

Rêver d’une prospérité partagée - version start-up macron-nieliste - ne me semble pas moins idéaliste que d’annoncer la fin des sdf - version poutou-réquisitionniste. Annoncer un SMIC à 1500 € net ne me semble pas plus utopiste que de dire : « Il faut plus de jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires ». Et on peut en trouver beaucoup d’autres, des citations de Macron déconnectées de la réalité, parce que l’idéologie de ce Zeus est une forme d’idéalisme.

Idéalisme contre idéalisme. Tout est possible en politique. Les Etats-Unis ont consacré la liberté absolue au XVIIIe siècle, avant de soutenir aveuglément tous les fascismes latino-américains du XXe, au nom d’une lutte salutaire contre les idées de gauche… L’utopie formidable du Mayflower est devenue un enfer pour les intellectuels et les artistes argentins, brésiliens, chiliens… au nom d’un même et invariable idéal. Le moteur, c’est toujours l’idéal. Tous les idéaux peuvent être défendus, bien ou mal, qu’ils reconnaissent ou non leur part de radicalité. Et tous ceux qui s’engagent sont des idéalistes. Condamner l’idéalisme de ses adversaires est donc une bassesse, une lâcheté en faveur du statu quo.

Certains pays ont dépensé des centaines de milliards de dollars pour conquérir l’espace. D’après cette photo, c’était réaliste. Alors est-ce qu’on peut arrêter de dire que la gauche (la vraie) est peuplée de doux rêveurs ?



Je n’ai rien contre l’idéalisme, bien au contraire. L’utopie est la force qui fait avancer l’histoire des idées. Ne nous laissons plus reprocher notre ambition.

Michel de La Teigne

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