Toutes les histoires Qui suis-je?

Salut les lecteurs ! Et aussi toi, le flemmard qui regardes juste les images. Episode spécial ! C'est la deuxième bd conçue pour un tipeur. Pour mémoire, Tipeee c'est un site de financement participatif pour me soutenir. Tout tipeur "grand mécène" se voit devenir un personnage de ma bd... Un excellent cadeau à s'offrir ! Je peux aussi caricaturer votre ennemi juré, sur demande. Si c'est un gougnafier de première, ça me fera plaisir, vraiment. Je vous laisse : je vois le pied d'un banquier à écraser au bout de la rue. Faites un tour sur Tipeee !



Oui, bon, tout le monde peut se tromper, hein ! Je me suis un peu emporté… Ce n’était pas « une colère juste », comme dirait Ségolène-la-bravitude.



Je n’ai évidemment rien contre les pharmaciens en officine - à part ceux qui transforment leur parapharmacie en supermarché. Et encore, en France, on est très préservés : je connais des pays où les pharmacies vendent des céréales Kellog’s, des couches Pampers, des jouets de plage et des vilebrequins, mais où le seul pharmacien diplômé travaille un jeudi sur deux entre 13h30 et 14h15. Pauvres patients…

Je n’ai rien contre les pharmaciens en officine ; par contre, j’ai une mâchoire entière contre les entreprises du médicament. C’est simple : elles pourraient sauver davantage de vies, et au lieu de ça, elles font tout pour faire jouir leurs actionnaires. Tout. Pour commencer, elles concentrent toute la recherche sur les maladies de riches. L’Afrique doit se contenter, jusqu’à aujourd’hui, de nombreux traitements datant de l’époque des colonies… Pas de fric, pas de médocs. Pas de bras, pas de chocolat.

Ensuite, elles mettent le paquet sur le marketing médical. Les budgets consacrés à convaincre les médecins sont colossaux. Les grands professeurs sont payés pour dire du bien de telle ou telle molécule, orienter leurs articles dans des revues prestigieuses, de manière à noyauter tout le corps médical. Sans parler des cadeaux somptuaires pour s’assurer le silence des plus rebelles…

Pour finir, ces entreprises manipulent l’opinion à tout-va. Comme toutes les autres, mais enfin, dans le domaine de la santé, c’est nettement plus grave que dans celui de l’automobile ! Etudes truquées, effets secondaires dissimulés, publicités mensongères : rien ne les arrête. Le plus bel exemple de ces pratiques est résumé par l’histoire du cholestérol : depuis 70 ans, l’industrie pharmaceutique a réussi à faire passer cette molécule indispensable à notre organisme pour le grand méchant responsable de nos AVC, dans le but de nous vendre des médicaments inefficaces et surtout dangereux… L’ampleur du mensonge commence seulement à émerger, et un documentaire récemment diffusé sur Arte m’a donné des sueurs froides*.

Pour ceux qui auraient peur d’Arte, il y a aussi ce film incroyable avec Ralph Fiennes et Rachel Weisz, tourné au Kenya, adapté d’un roman de John Le Carré : La Constance du jardinier.

La solution est connue, pourtant : nationaliser les entreprises pharmaceutiques, et mettre en place un mécanisme international pour les forcer à orienter la recherche vers les grandes maladies mondiales. Ce n’est pas près d’arriver, dans un monde libéral dominé par une puissance qui méprise l’ONU.



Mais bon, après tout, c’est juste des Africains qui meurent… Des maladies de pauvres, tout ça. On s’en fout. D’ailleurs, on le voit bien sur BFMTV et CNews : un Africain qui meurt, c’est anecdotique. Alors qu’un fait divers bien français, avec une joggeuse assassinée…

Michel de La Teigne


* https://www.arte.tv/fr/videos/051063-000-A/cholesterol-le-grand-bluff/

Newsletter :

Me soutenir :

Partager :

 |   |