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Ah, David Pierre Guetta ! Qui a enlevé « Pierre » pour faire moins français… Ça fait bien longtemps que je rêvais que tu montes dans mon tac !



Je tiens à vous rassurer tout de suite : personne dans ma famille n’écoute David Guetta. Je ne me permettrai pas de porter un jugement esthétique sur le travail l’œuvre la production musicale sonore de ce jockey : s’il a du succès, c’est que des jeunes alcooliques et des quadras héroïnomanes l’apprécient, tant mieux pour lui. Tant mieux pour eux. Du moment qu’ils l’écoutent au casque, je m’en tamponne les noix de cajou.

DJ Arch Junior, 3 ans, vainqueur d’une saison d’Incroyable Talent en Afrique du Sud. De là à penser que le travail de David Guetta est à la portée de n’importe quel crétin ayant son âge mental, il n’y a qu’un pas, que je ne franchirai pas.

Quant au téléchargement, voilà une vraie question. Télécharger illégalement tout David Guetta (pour se rendre compte une heure plus tard que ça n’en valait pas la peine), est-ce un crime ? Et autre question, tout à fait différente : télécharger de la vraie musique sans la payer, c’est mal ?

D’un côté, il faut bien que les artistes mangent, qu’ils soient musiciens, vidéastes ou auteurs de bd. Ils ont la chance d’avoir un espace de créativité, contrairement à 99% des salariés dans 99% des entreprises, mais la liberté ne met pas de sauce dans les pâtes à la fin du mois. Tous les instrumentistes du club de jazz en bas de chez moi vivent dans la misère, certains habitent une chambre de bonne à soixante ans… Leur voler un album serait un crime.

D’un autre côté, l’art est devenu un produit de première nécessité. Nous sommes un peuple éduqué, le niveau de l’instruction en France est remarquable - contrairement aux déclarations des esprits étriqués du MEDEF qui voudraient « professionnaliser » l’éducation pour fabriquer de petits êtres employables, sans ambition, sans rêve, sans curiosité - et l’aspiration à la culture est parfaitement légitime. Si j’étais publié, je ne pourrais pas en vouloir à un travailleur au SMIC qui me téléchargerait illégalement, parce que ce type mériterait autant de lecture et de musique que d’eau et de pain.

Comment concilier ces deux vérités ? J’ai une logique à moi, tout à fait illégale, mais très morale - c’est mieux que l’inverse. Je ne vole que les artistes qui vivent très bien de leur art. Télécharger gratuitement un album de Catherine, la chanteuse de blues de la péniche Marcounet, c’est vraiment dégueulasse, parce qu’elle aimerait bien avoir un appartement à elle, un jour. Acheter le dernier Johnny, posthume, dont l’argent va immédiatement grossir les pactoles de Laeticia, Jean-Claude Camus et Amazon, c’est gaver des gens qui n’en ont pas besoin. Vous feriez mieux de filer ces vingt euros au clodo du coin, et de le télécharger illégalement. La voilà, ma morale personnelle. Elle est libre de droits, vous pouvez l’adopter.



Vous allez me dire : Alors, on doit se renseigner sur les conditions de vie d’un artiste avant de télécharger ? Franchement, le plus souvent, un peu de bon sens suffit. Et puis, un truc infaillible, pour les reconnaître : les vrais artistes ne cherchent pas à devenir riches. Ils ont de vraies ambitions, artistiques.

Michel de La Teigne

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