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C’est tellement plus dur d’être une femme. Beaucoup ont une situation plus enviable qu’Alimatou, bien sûr… La condition d’Alimatou n’est pas la condition féminine. Mais enfin, rêver que ses futurs enfants respectent les femmes, en 2020, c’est confesser que cela ne va pas de soi, que ce n’est pas acquis.

 

La condition des femmes a merveilleusement évolué depuis deux siècles, et à une vitesse extrêmement rapide au regard de l’histoire de notre espèce… Globalement, jusqu’au XVIIIème, la femme était une machine à procréer. Elle mourait souvent en donnant la vie d’ailleurs, et il n’était pas rare qu’à choisir entre sauver la mère et sauver l’enfant, on choisisse l’enfant. En espérant que ce soit un garçon.

- Vous êtes sûr que vous n’allez pas faire mal à ma femme ?
- Rassurez-vous, Monsieur : elle a l’habitude.

La médecine, puis la contraception ont libéré la femme de cette servitude. Entendons-nous bien : j’appelle servitude le fait d’être exclusivement considérée comme une machine à enfanter. Ça n’a rien à voir avec le désir d’avoir un enfant au XXIème siècle et le bonheur de le mettre au monde à l’âge souhaité, dans des conditions matérielles confortables - comme c’est le cas en France. C’est une libération essentielle, et je crois sincèrement qu’une partie des militants religieux qui combattent la contraception ne mesurent pas le progrès que l’humanité a réalisé là.

La femme a aussi conquis d’immenses droits, ces deux derniers siècles. Dans de nombreux pays - pas tous - la femme est devenue l’égal juridique de l’homme, qui tenait dans ses mains depuis des siècles les brides de l’autorité, et parfois même la propriété de la femme. C’est une autre avancée incommensurable pour l’humanité ; mieux que ça, une fraternisation.

Mais la conquête n’est pas achevée. Les victoires médicales et juridiques ne sont pas tout. Le droit n’a pas d’emprise sur le réel ; la loi n’a pas le pouvoir magique de provoquer des changements de comportement. Il faut des actes, des actions contraignantes pour remodeler les pratiques - à l’échelle des générations. Les droits égaux des femmes dans un pays comme la France ne les empêche pas d’être moins écoutées, moins respectées, moins bien payées, moins bien promues, de consacrer deux fois plus de temps au travail domestique (en France, d’après l’INSEE, 2010) et dans le pire des cas - encore fréquent - d’être harcelées, violées, frappées, tuées dans des proportions que les hommes n’ont jamais connues, à aucune époque et dans aucun pays.

Les jérémiades incessantes de Zemmour et de ses amis quand ils plaignent l’homme blanc hétérosexuel et l’érigent en victime sont donc une aberration historique, l’expression d’une sottise inouïe que leurs contradicteurs, hélas, ne dénoncent que très mollement. Ne comptez surtout pas sur Christine Kelly pour réfuter Zemmour sur CNews : elle est trop occupée à programmer sa prochaine intervention chez Hanouna… Je demande qu’on laisse s’exprimer ces arriérés, ces débris nostalgiques… Mais qu’on leur réponde avec vigueur, bon Dieu ! BFM, CNiaise, trouvez des porte-voix qui pourfendent leur bêtise et leur outrance !

 

Mesdames, vous devrez continuer à vous battre. Soyez féministes pour vous et surtout pour les femmes moins favorisées que vous.

Messieurs, être un homme ne nous dispense pas de travailler, nous aussi, à un monde plus juste.

Quant à toi, Alimatou, je veux te souffler une confidence… Je ne me contente pas de t’aimer : j’admire ta résistance.


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