Toutes les histoires Qui suis-je?


Michel de Montaigne, mon lointain ancêtre philosophe, avait un ami très cher, un certain Etienne de la Boétie. Titi et Mimi, c’étaient de gros potos, le genre à passer tellement de temps ensemble, que les imbéciles les qualifiaient de tarlouses.



Closer s’appuie sur ces photos pour démontrer l’homosexualité de mon ancêtre. Je dois avouer qu’il aurait fait un très beau Village People.

Et Titi est resté célèbre pour un bouquin, très court, écrit à 16 ou 17 ans : le Discours de la servitude volontaire.

Ce bouquin raconte comment la plupart des gens acceptent d’être écrasés par le système, et sourient, même, pendant que de puissants engrenages les broient inexorablement. A l’époque, le système, c’était la Cour et l’Ancien Régime. Mais ça marche très bien aussi avec notre capitalisme stupide, nos religions périmées et l’omniprésente publicité. Autant de forces qui nous abêtissent, nous avilissent, jusqu’à réduire notre libre arbitre à un vague fantasme - pour les moins chanceux d’entre nous. Je les appelle « les moins chanceux », il n’est pas question de reprocher aux plus faibles d’être les victimes des plus forts : les premiers subissent les seconds, comme des fourmis écrasées par les poings d’un enfant cruel. Mais quand on est né tout en bas de l’échelle sociale, on n’y est pour rien.

Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. Voilà qui est toujours d’actualité : si nous, les populations éduquées - oui, je ne me fais pas d’illusions, les lecteurs et l’auteur de ce blog font partie de la strate éduquée, donc chanceuse, de la société - si nous ne nous révoltons pas contre les forces qui nous dominent, nous abandonnerons définitivement les petites gens à leur condition « animale », sans liberté. Il faut combattre les puissances occultes - financières, marketing, cultuelles, sexistes et racistes - qui cherchent à nous écraser, pour tenter de sauver nos âmes (car si nous avons une âme, elle n’a certainement rien à voir avec ce Dieu qu’on tente d’instiller en nous).

Voilà pourquoi j’étais si mal après cette course : ma cliente prenait un taxi par nécessité, c’était manifestement un luxe pour elle, et par habitude d’avoir toujours tort face aux puissants, elle voulait payer pour mon erreur. J’ai dû insister pour qu’elle ne paye que sa part… Mais cela ne suffit pas ! Il nous faudra nous battre. Contre ceux qui, là-haut, donnent à des hommes et à des femmes comme elle le sentiment de n’être que des merdes. Les voilà, nos ennemis.

Le texte de Titi en français moderne, et pour les paresseux volontaires - ou les esclaves des embouteillages - le mp3.
PDF / MP3

Michel de La Teigne

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