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Cette fois, le doute n'est plus permis : elle me kiffe grave, comme disent les quadragénaires qui veulent faire jeune. Mais pourquoi elle ? Pourquoi pas Alimatou ?


C'est toujours comme ça, de toute façon. Quand on désire une personne, elle en veut une autre. Quand une personne vous aime, vous vous en fichez complètement. Quand, par miracle, deux personnes s'aiment, elles trouvent toujours le moyen d'envenimer leur relation, avec de la jalousie mal placée, une exigence de fidélité, des souhaits d'enfant et des disputes sur la manière de cultiver ces mioches qui, de toute façon, vous pourrissent la vie - mais il faut chanter qu'ils sont « vos bébés d'amour » pour sauver la face.

Quand deux personnes s'aiment à la folie, elles se marient. Idée fatale : au bout d'un an, enlisées dans le quotidien, lestées de 20 kilos chacune, elles voient s'évanouir l'essentiel de leur amour. Il ne reste qu'une vague habitude d'être ensemble et, dans le meilleur des cas, une trace d'affection rance.

La colle du mois : il faut deviner le nom d'une chanson en rapport avec ce billet, à l'aide de ces deux indices. A la clé : l'entrée dans le club très select des lecteurs qui reçoivent mes épisodes en avance.

Ce n'est pas la loi de l'emmerdement maximum, ça n'a rien à voir. C'est la loi du désir. Imaginons, Mesdames, que le plus beau mec du monde rampe à vos pieds, bavant de luxure, même quand vous êtes en pyjama au réveil avec des crottes dans les yeux : vous le baiserez peut-être une fois, mais pas dix. Jamais vous ne le désirerez autant que le voisin de palier marié, canon qui ne vous remarque pas. C'est dégueulasse, mais ça marche comme ça : on ne désire pas ce qu'on a déjà. Il doit y avoir un instinct de chasseur quelque part dans nos gènes.

C'est la raison pour laquelle la fidélité monogamique m'a toujours paru si peu naturelle - et d'ailleurs, je suis étonné qu'elle reste depuis des millénaires le modèle dominant. Il faut croire que la colle sociale qu'elle procure - artificiellement - nous rassure. Je serais quand même curieux de voir notre monde sans elle : un monde où nous aurions conquis la liberté amoureuse.


Tout ça est très mal fichu, hein ? S'il y avait un service de réclamations là-haut, on pourrait se défouler, au moins - mais même ça, personne ne l'a prévu.

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