Galerie Toutes les histoires Qui suis-je?


Alice de La Teigne ! J'ai trouvé mon successeur. Enfin, ma successrice, puisqu'il faut féminiser, maintenant.


Je l'aime, ma nièce. J'ai jamais aimé les gosses - vous le savez - mais les ados, c'est différent. Enfin, ça dépend des ados... La plupart sont des consuméristes immatures, qui écoutent de la musique de lapins crétins dégénérés, mais mon Alice est différente. Tiens, c'est drôle : chacun pense que ses chiards sont mieux que les chiards des autres. Je suis quelqu'un d'assez banal, alors.

Bref : l'adolescence, c'est le moment où on arrête d'écouter ses parents et où on se découvre. La plupart des ados ne découvrent que leur propre vacuité. Désolé. Ils n'ont pas la chance d'avoir des modèles un peu différents, qui les emmènent ailleurs... Sans vouloir me vanter, je suis un modèle d'insolence pour Alice. Ses parents - ma frangine et mon beauf - sont absolument conventionnels, et je comprends très bien qu'elle me trouve l'intérêt d'être moins lisse qu'eux. Qu'elle aille chercher sur internet des insultes précieuses et qu'elle les utilise pour injurier avec moi les chauffards ignares, je trouve ça très bien. Voilà une ado originale, qui s'affirme !

Elle me rappelle quelqu’un, cette petite… Mais qui ?

Moi aussi, quand j’étais minot, j’avais un modèle. Tata Nicole. Elle fumait plus que Gainsbourg, buvait plus que Gérard et jurait plus que moi. Elle disait toujours du mal de ma mère dès qu’elle avait le dos tourné, et juste après, lui faisait un compliment avec un grand sourire, quinze dents jaunes, hypocrites, vénéneuses. A dix ans, elle me faisait conduire sa moto : elle montait avec moi, bien sûr, mais je me souviens très bien qu’elle me laissait tenir les poignées et diriger le deux-roues. De temps en temps, elle insultait des automobilistes et leur adressait des bras d’honneur des deux mains - c’est l’avantage d’avoir un co-pilote. Maintenant que j’y pense, ça doit me venir de là…

Et puis, l’air de rien, avant de revenir chez mes parents, elle me faisait monter à l’arrière avec un clin d’œil appuyé, et me disait « Fais semblant de bien t’accrocher, des fois que l’autre nous verrait arriver par la fenêtre ». Oui, « l’autre », c’était ma mère…

On pourrait se dire que c’était une mauvaise tante, qu’on ne fume pas devant les enfants, qu’on leur apprend plutôt la prudence et le respect… Mouais. J’avais ma mère, pour ça. Une bonne tante ou un bon tonton, c’est celui qui vous montre quelque chose d’autre de la vie. Et puis, les ados ont leur indépendance - ils sont libres. L’irrespect de ma tante, j’en ai fait de l’irrévérence - et c’est sans doute en grande partie grâce à elle que je tiens cette bd.


Merci, tante Nicole. Alice, si un jour tu deviens le nouveau Boris Vian, j’espère que tu m’en écriras une.


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