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Episodes avec Brigitte: #79  #106 



Lutter ou survivre ? Les injustices sont grandes, le monde est perfectible, mais la vie est courte. Alors comme titrerait Lénine, que faire ? (Je ne l’ai jamais lu, mais ce titre, quel culot !)

Que faire ? de Lénine, à gauche, titré en hommage au roman Que faire ? de Tchernychevski, à droite. « Il m’a labouré de fond en comble », dira Lénine de ce dernier. Non, pas de blague de cul.

Les misérables doivent d’abord survivre. On ne lutte pas le ventre vide, on ne conquiert pas le pouvoir sans argent.

Les intellectuels, eux, choisissent parfois de lutter. J’évoque bien sûr les véritables intellectuels, pas les chroniqueurs outrecuidants ou hystériques de Laurent Ruquier. Les intellectuels peuvent lutter, parce qu’ils ne sont pas occupés à survivre : ils ont donc le temps, les moyens, le pouvoir de remettre le monde en question. Mais paradoxalement, ce confort les éloigne, malgré eux, du sentiment d’urgence qui devrait les animer. Les intellectuels ont besoin des misérables pour vivre l’urgence de leur lutte.

Quant aux puissants de ce monde, ils sont toujours du mauvais côté. Presque toujours : quand ils ne le sont pas, ils terminent assassinés comme Allende ou embastillés comme Lula. Et pendant ce temps, Chirac court toujours… Bref, sauf exception, il ne faut attendre d’eux aucun bouleversement. L’oligarchie n’a ni besoin de survivre, ni envie de lutter : elle est occupée à défendre ses intérêts. Dans la lutte nécessaire, elle est l’ennemi.

Il faut donc que les intellectuels initient le changement qui sera porté par les misérables. Un livre ou une loi ne suffisent pas à changer le monde : ce sont les lecteurs des livres, les citoyens qui rendent la lutte concrète. La Révolution Française n’a pas eu lieu dans un salon littéraire, chez la maîtresse de Rousseau : il a fallu attendre que les Lumières soient partagées pour que les notables et le bas-peuple se mettent en mouvement. Les intellectuels initient des luttes symboliques qui deviennent réelles grâce au peuple. Ils ne peuvent rien sans lui, aussi vrai qu’un peuple sans instruction ne se rebellerait jamais contre son oppresseur, ignorant qu’il est oppressé. Il faut l’alliance des uns et des autres dans la lutte.


Vous, intellectuels, et vous, misérables citoyens, unissez vos forces, comme en 1789, pour trouver le moyen de renverser l’argent roi.

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