Toutes les histoires Qui suis-je?


Il n’y a rien de plus con que le respect absolu de la vie.



Pour les mystiques de tous poils, la vie est un miracle, une sorte de cadeau divin qu’on ne peut pas refuser. Ils ne poussent pas assez le raisonnement pour se rendre compte que l’oxalis qui envahit leur jardin, un cafard de 14 centimètres ou le virus du sida sont aussi des organismes vivants. Alors quoi ? C’est un cadeau, le sida ? Il faut le laisser en vie ? Je suis certain que même le pape ou Abdul Aziz ibn Abdillah Ali ash-Shaykh, le Grand Mufti à particules d’Arabie Saoudite, hésiteraient à laisser la vie sauve à leur sida - s’ils l’attrapaient en enculant un évêque ou un imam - et pourtant, le virus du sida est une pauvre créature de Dieu innocente, qui ne cherche qu’à survivre en nous demandant l’hospitalité.

Vive la vie ! Ils sont tous des créatures de Dieu. Enfin, c’est les mystiques qui le disent.

Les suicidaires ne veulent pas mourir par caprice ou par plaisir. S’il cherchent la mort, c’est parce qu’ils souffrent. Et la souffrance est bien pire que la mort. La souffrance est une sensation, et on n’échappe pas à ses sensations : elles sont ce qui fait exister le monde. La mort, elle, est absolument indolore.

Imaginez que votre monde n’existe plus qu’à travers des souffrances. Cela peut vous arriver, si vous tombez un jour gravement malade, si un drame frappe votre famille ou si simplement, vous n’êtes pas né au bon endroit. Vous voudrez peut-être vous suicider, comme Romy Schneider, Ernest Hemingway ou Mike Brant (chacun ses références culturelles). Et si vous avez pesé le pour et le contre, si votre souffrance actuelle vous semble terrible, plus terrible encore que la souffrance future de vos proches, vous aurez raison de le faire. Mais il y aura toujours un religieux au coin de la rue pour s’offusquer de votre acte, vous dire que c’est une attitude irresponsable, qu’il y a une autre solution, et penser à votre place. Ces gens-là sont indignes. Ils sont en admiration béate devant des martyrs et des « saints » qui souffrent - à croire que ça les fait bander - mais refusent la liberté de se donner la mort. Trop subversif pour eux. Ne les écoutez pas. Nul n’a choisi de naître, et la vie n’est pas toujours aussi amusante qu’une partie de boules.



Moi, je respecte les suicidaires et je respecte leur choix. Je vous parie même que la première civilisation avancée - si on a un jour la chance d’en connaître une - reconnaîtra pleinement le droit au suicide. Sur la vie de ma mère !

Michel de La Teigne

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