Galerie Toutes les histoires Qui suis-je?


Effarouchées et pudibonds, attachez vos godes-ceintures : je vais vous parler de sodomie. Et tenez-vous bien, dans ce pays, des femmes enculent des hommes. Vous avez bien lu.



Par quel bout prendre le sujet ? Levons tout de suite l’obstacle hygiéniste, que certains ne manquent pas d’évoquer en des termes qui révèlent toute l’opulence de leur vocabulaire : « C’est dégueulasse ! » - fin de citation. Oui, l’anus sert aussi à autre chose, c’est vrai. En même temps - comme dirait Jupiter - la bite et la chatte, eux, voient passer de l’urine et du sang… Et on se lave, et on n’y pense pas quand on pense à autre chose. Alors franchement, cet obstacle ne résiste pas au désir. Ceux que ça gêne, qu’ils apprennent à se laver le cul.

Non, le véritable obstacle est évidemment moral. Le mâle est censé être dominant, et un alpha ne se fait pas tripoter le derrière… Sous peine d’être un enculé qui s’est fait baiser. Cette norme du bon père de famille droit dans ses bottes (de cuir ?), héritée du patriarcat religieux qui nous assomme depuis deux mille ans, n’a plus lieu d’être. Nos sociétés modernes ont beaucoup de travers, mais elles ont au moins un avantage : l’intelligence y a surpassé la force physique - sauf dans le rugby. Il est donc temps de comprendre que la domination ne s’exerce plus par des phrases comme C’est moi qui ai la plus grosse ou Je vais te la mettre bien profond. Vous faire enculer ne vous empêchera plus de tenir votre rang dans la société. De ce point de vue, d’ailleurs, les Grecs et les Romains étaient plus tolérants que nous : la plupart des hommes puissants prenaient plaisir à se faire enculer, tout en cultivant leurs relations hétérosexuelles.

La devinette : Jules César a soumis les Gaules, mais d’après une chanson des légions romaines, qui a soumis Jules César ? Une récompense à la fin du mois pour la première bonne réponse que je recevrai (sans l’aide de Google !)

L’obstacle de la stérilité est révolu, lui aussi : on sait comment faire des enfants, on contrôle nos naissances, notre descendance est assurée, et il n’y guère plus que des bigots attardés pour condamner la fellation et la sodomie parce qu’elles ne concevraient pas la vie - du reste, je suis certain que 99% de ces bigots vont confesser leurs pipes le dimanche.

Même l’évolution l’a accepté : chez nous autres hominidés, le système de récompenses a pris le pas sur l’instinct de reproduction. Autrement dit, il est parfaitement naturel de rechercher le plaisir sexuel pour lui-même : ce n’est pas une déviance mentale, comme voudraient le faire croire les obscurantistes, ce sont nos hormones qui le commandent. Voilà qui légitime la sodomie, la fellation et toutes les pratiques qui vont plairont. Il est savoureux de constater que les positions religieuses évoluent moins vite encore que notre espèce !

Je suis persuadé que beaucoup d’hommes se font enculer par leurs femmes, et pas seulement parce que j’ouvre mes oreilles dans mon taxi. Le plaisir est à portée de poing, messieurs. Votre prostate compte plus de terminaisons nerveuses que votre pénis. Et madame trouvera très amusant de vous voir miauler…



Ce que la sexualité a de formidable, c’est précisément qu’elle s’affranchit des normes. Alors enculez qui vous voudrez - entre adultes, s’entend. Ça vous évitera de finir comme de nombreux donneurs de leçons : prêtre pédophile.

Michel de La Teigne

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