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Gloire aux bobos !



Ça commence à m’astiquer les neurones, cette critique d’une minorité de la faune parisienne par les vrais-bourgeois-pas-bohème-du-tout, et maintenant par leurs enfants. Qui critique les bobos ? Des bourgeois, exclusivement - les bourgeois qui ne sont pas bobos. Ce qui les gêne, c’est donc le côté bohème. Ils ont un problème avec Aznavour, ou quoi ?

Le tir au bobo est devenu un cliché vide de sens, éculé par des conservateurs du premier décile qui voudrait que rien ne change, ça les rassurerait. Analyse.

On accuse le bobo d’investir les quartiers populaires. Où est le problème ? Il devrait habiter dans le XVIème, l’arrondissement où les crottes de chiens sont plus nombreuses que les jeunes, et surtout où l’on risque de croiser l’infâme Claude Goasguen à chaque coin de rue ? Il faudrait que Château Rouge devienne le ghetto de Varsovie, et qu’on en interdise l’accès à tous les blancs qui gagnent leur vie ?

On l’accuse de manger bio, le bobo. La belle affaire ! Tout le monde devrait manger bio, pour limiter la quantité de saloperies chimiques que l’on déverse dans nos organismes et dans l’environnement. Il n’y a que le bourgeois-pas-bohême pour se vanter de bouffer des Pringles avant d’aller au KFC.

On l’accuse de faire du vélo, le bobo, voire pire : du Vélib. Les chauffards imbéciles qui formulent cette critique devraient sortir de leur voiture de temps en temps. Même moi qui invective quotidiennement les cyclistes parisiens pour leur mépris du code de la route, je reconnais la supériorité du vélo comme mode de transport urbain. Penser que la voiture appartient à l’avenir, c’est être une sorte de monarchiste incompris, voué à disparaître.

On l’accuse d’acheter des iPhone, le bobo, et des macarons Pierre Hermé. Enfin un reproche fondé ! Le bobo est souvent une cible facile du marketing. Il devrait s’éduquer et être plus méfiant - comme nous tous. Et renoncer à la consommation branchouille.

On l’accuse enfin de porter la moustache. Eh bien franchement, ces débats d’apparence n’ont aucune importance. Non mais sans blague : est-ce que je juge la couleur de vos strings, moi ?

L’aspect, ce n’est pas grave, n’en déplaise à Cristina-magnifaïque-Cordula. Qui cela dérange-t-il ? A part les voisins des deux du bas, dans le métro à l’heure de pointe.

Le bilan des anti-bobos est maigre. Les bourgeois incultes et bling-bling ont inventé ce terme de bobo pour se moquer des bourgeois cultivés qui se posent les bonnes questions. Un bobo est mille fois plus éveillé qu’un gugusse de 50 berges qui, ayant tous les pouvoirs, choisit d’emmener sa nouvelle conquête voir la parade de Mickey à Disneyland. Vous le reconnaîtrez aisément.



Laissons les bobos faire leur vie tranquillement, et occupons-nous plutôt d’instruire les bobas (bourgeois basiques) comme eux.

Michel de La Teigne

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